Sa Vie Aujourd’hui Quand on rencontre John Douglas, on a bien du mal à imaginer que cet homme détendu, amusant et sociable, a pratiqué un métier aussi traumatisant. Mais derrière une telle façade, on devine quand même ce fort tempérament qui lui a permis de conserver son équilibre. Aujourd’hui, le profiler a quitté le FBI, mais il reste dans cet univers en écrivant des livres, en donnant des conférences et en participant à des émissions de télévision. Récemment, il vient de terminer un ouvrage dans lequel il donne des conseils à ceux qui seraient intéresser par ce métier. Et s’il est officiellement à la retraite ; il lui arrive quand même d’être consulté pour des cas difficiles à résoudre. « J’ai assisté Daniel Petrocelli dans l’affaire O.J. Simpson, confie-t’il. Quand on analyse ce crime, on peut voir immédiatement que c’est un cas classique de violence domestique. A l’évidence, le meurtrier était quelqu’un de très proche de Nicole Brown Simpson, car il y a beaucoup de rage et de colère dans la manière dont elle a été tuée. » John Douglas a également été engagé par les époux Ramsey pour donner son avis d’expert sur le meurtre de leur fille, Jon Benet, que l’enquête n’avait pas résolu. « J’ai dit à leurs avocats que je voulais bien être défrayé pour le temps passé, mais que je ne voulais pas monnayer mon diagnostic. Quand on m’a donné les résultats de l’autopsie, j’en tout de suite sollicité un entretien très approfondi avec John Ramsey, le père de la victime. Je me suis moins intéressé à la mère, non pas parce que je la croyais moins impliqué, mais parce qu’on m’avait parlé de la présence de sperme sur le corps de la petite. Plus tard, il s’est avéré que cette information était fausse. En tous cas, quand les parents d’une victime sont impliqués dans le meurtre, on trouve des indices qui sont souvent récurrents. En ce qui concerne Jon Benet, tuée pendant la nuit de Noël, le cadavre présentait des signes qui indiquaient une animosité personnelle de la part de l’assassin. Il me semblait donc évident qu’il ne s’agissait pas de quelqu’un d’étranger à la famille. D’autant que la demande de rançon trouvée sur les lieux du crimes était d’évidence un faux destiné à égarer les soupçons de la police. Voilà pourquoi, j’ai rapidement été conduit à suspecter le père de la gamine. » Depuis qu’il a quitté le FBI, John Douglas s’est consacré à une autre activité : la défense de la mémoire des victimes. « Avec le temps, on a trop tendance à les oublier, et ça me révolte beaucoup, dit-il. Je pense par exemple au cas de Karla Faye Tucker qui avait tué un homme et une femme à coups de hache, et a raconté complaisamment lors de son interrogatoire qu’elle avait eu un orgasme en perpétrant son crime. Plus tard, en trouvant la foi, alors qu’elle se trouvait dans le couloir de la mort, elle est devenue une sorte d’héroïne. Je ne doute pas que tous les gens qui l’admiraient étaient parfaitement sincères, mais ils auraient dû avoir une pensée aussi pour ses victimes et leurs familles. Tel est donc le nouveau combat que mène aujourd’hui le pape des profilers. Ce qui ne veut pas dire qu’il ait gagné l’autre, car les journaux sont toujours remplis de récits de meurtres épouvantables. Mais qu’on se rassure, car dans le sillage de cet homme exceptionnel s’est engouffrée une génération d’héritiers qui mettent à profit ses techniques d’investigation pour traquer sans relâche les monstres que génère notre société. retour vers le sommaire |