L’Histoire De John Douglas C’est en entrant au FBI que John Douglas a eu l’occasion de satisfaire sa véritable vocation. Mais son intérêt pour la psychologie des criminels remonte à son affection précédente, lorsqu’il était flic à Détroit. « C’était le jour du « Super Bowl », se souvient-il. Cet après-midi-là, nous avions arrêté près de 150 bookmakers clandestins. L’un d’eux, qui ressemblait à Paul Newman, s’est montré très cordial, à tel point que nous avons sympathisé. Alors que nous bavardions, je lui ai demandé pourquoi il faisait un tel boulot. Je ne comprenais pas ce qui le poussait à vivre dans l’inégalité alors qu’il semblait avoir les moyens de gagner sa vie honnêtement. Lors de cette conversation, nous nous trouvions à l’arrêt d’une voiture de police. Avant de me répondre, il a regardé la vitre sur laquelle tombait la pluie. Puis il m’a montré deux gouttes qui s’écoulaient côte à côte, et m’a parié que celle de gauche arriverait en bas avant l’autre. Après quoi, en éclatant de rire, il m’a dit que ce boulot de bookmaker, il l’avait dans le sang et qu’on n’y pouvait rien. Ce témoignage m’a beaucoup marqué. » Plus tard, John Douglas sera recruté, au sein du FBI, dans la fameuse Behavorial Science Investigative Unit, une unité spécialisée dans l’étude psychologique du comportement des criminels. Son idée : rencontrer de grands assassins (dont le tristement célèbre Charles Manson) et de s’entretenir avec eux longuement, pour essayer de comprendre ce qui peut les avoir poussés à commettre des crimes aussi abominables. Après avoir réalisé des heures d’interviews, il regroupera les informations recueillis (en compagnie de Bob Ressler et Ann Burgess), dans un document baptisé le Crime Classification Manual. De la naîtra une nouvelle technique d’investigation baptisé le « profiling », ce qui vaudra à Douglas d’être nommé à la tête de la Behavorial Investigative Unit. « Quand j’ai pris ce poste, confit le policier, j’ai dit à tout le monde que je préférais appeler mon unité le Investigative Support Unit, pour la bonne raison que je ne me sentais pas concerné par la psychologie pure. Pour moi, notre boulot consiste surtout à rechercher les motivations du criminel, à définir sa manière de procéder ou à tenter de relier divers cas qui présentent des similitudes. Mais je ne pense pas que nous devions nous prendre pour des psychologues. A mon avis, ceux de mes collègues qui le font commettent une erreur. Ils regardent trop la télévision, car la réalité n’est pas tout à fait comme dans « Profiler » ! retour vers le sommaire |